Vincent Delerm : "J’assume mon statut de chanteur Français"

Vincent Delerm : "J’assume mon statut de chanteur Français"

De retour avec quinze nouvelles chansons et un charme toujours intact, le charmant Vincent Delerm revient sur la genèse de son nouvel album et sur sa vision de la scène française à l’occasion de sa résidence à la Cigale parisienne. Passage en revue, et langue de bois au vestiaire !

 

Votre nouveau disque s’intitule Quinze chansons. Cela fait un peu penser aux Best of des classiques français, Ferré, Reggiani, etc.
Vincent Delerm : Je n’avais pas pensé à ça… Le choix du titre a été plutôt inspiré de la culture anglo saxonne, dans l’esprit des disques de Leonard Cohen par exemple où l’on retrouve quasiment toujours le mot "song", avec Ten New Songs ou Love Songs… Il faut reconnaître qu’en français "chanson" est moins reluisant, mais j’assume totalement mon statut de chanteur Français. Moi, je fais des chansons. C’est aussi simple que ça. Souvent, les artistes ont un peu honte de ça, alors les maisons de disques mettent des stickers sur les albums du style : "entre la chanson et la pop classe" (rires)… Mais la plupart du temps, ça ne marche pas trop ce genre de mélange. C’est un peu illusoire. Sauf pour des gens comme Christophe, Alain Bashung ou Arthur H par exemple. D’ailleurs, les gens qui écoutent ces artistes-là sont rarement les mêmes qui écoutent Bénabar. Pour ma part, je fais de la chanson française.

 

Et par rapport à la variété, comment vous situez-vous ?
La variété, je ne sais pas trop. Pour certains, Alain Souchon, c’est de la variété, alors que pour moi, c’est vraiment de la chanson. Variété, ça a une connotation un peu marketing tout de suite. Ça désigne souvent des morceaux faits pour passer à la radio avec des textes pas terribles, comme ce que fait Christophe Maé par exemple. À un moment, la variété c’était ringard mais, maintenant, on dirait que c’est ringard de ne pas en faire…

 

Parlons de votre public. On entend souvent dire qu’il est principalement féminin, est-ce que vous êtes d’accord ?
Il m’est toujours difficile de parler de mon public et j’évite d’ailleurs de le faire en général, parce que je pense que ce n’est pas à moi d’en parler. En tout cas, je n’ai pas l’impression qu’il soit plus féminin que masculin. Je pense que c’est assez égal en la matière. Maintenant, je dois reconnaître qu’en ce qui concerne l’âge, je n’ai jamais eu un public très jeune, entre 20 et 70 ans, disons…

 

En tous cas, pour certains votre public a parfois été caricaturé comme étant issu de milieux sociaux assez élevés, voire élitiste. Certains parlent d’un "public de normaliens". Qu’en pensez-vous ?
Il n’y pas grand-chose à répondre à ce genre de critiques. Plus on se défend de ce genre de choses, plus les remarques repartent de plus belle. Tout ce que je peux dire c’est que mon premier album a été vendu à 400.000 exemplaires. Il me semble qu’il y a moins de Normaliens que cela en France...  (sourire entendu, ndlr).

 

Lire la chronique de l'album Quinze Chansons de Vincent Delerm sur Attention Musique Fraîche !

 

Vincent Delerm en concert à Paris (la Cigale) les 9, 16 et 23 février et les 2, 9, 16, 23 et 30 mars. Et en tournée dans toute la France.