Two Door Cinema Club : "Faire de la musique dansante avec des paroles sérieuses, pourquoi pas ?"

Two Door Cinema Club : "Faire de la musique dansante avec des paroles sérieuses, pourquoi pas ?"

Trois garçons (et un Mac) dans le vent, c'est l'histoire des Nord-Irlandais de Two Door Cinema Club, qui enflamment actuellement les scènes et les dancefloors du monde entier avec leur électro-pop furieusement efficace. Dans leur sillage, c'est un premier album qui voit enfin le jour, Tourist History, histoire de propager l'incendie jusque dans vos salons. Repérés par le label musique/mode français Kitsuné, qui a même fini par les signer, Alex, Sam et Kevin s'apprêtent à manger la planète électro-rock. Rencontre.

 

Comment le groupe est-il né ?
Alex Trimble :
De manière très classique, en fait. Nous étions tous les trois dans le même lycée à Bangor, en Irlande du Nord. On jouait tous les trois de la guitare et on s'est vite rendu compte que nous avions les mêmes groupes préférés, ça suffit pour monter un groupe quand tu as 15 ans. (rires) Notre musique était beaucoup plus rock à l'époque. Puis, quand notre batteur nous a quittés, on l'a remplacé par un MacBook et on a fondé Two Door Cinema Club.

Quels sont ces fameux groupes qui vous ont rapproché ?
Sam Halliday :
Beaucoup de groupes de rock et de punk. Nous étions tous les trois très fans d'At The Drive-In à l'époque ou des premiers Biffy Clyro, par exemple, qui étaient notre tout premier sujet de conversation avec Alex et Kevin en cours de musique. Notre plus grand rêve c'était qu'At The Drive-In se reforme pour qu'on puisse enfin les voir jouer sur scène, mais ça n'est jamais arrivé. (rires)

Ce sont des groupes assez éloignés de votre propre musique. Comment êtes-vous arrivés à votre son électro-pop actuel ?
Sam :
On aime encore ce genre de musique, mais en grandissant nous avons élargi nos goûts musicaux et commencé à écouter plus d'électro/indie rock que de punk rock. Le glissement s'est fait de façon très naturelle et on s'est laissés porter.

Votre musique est très dansante mais les paroles sont parfois plus sombres, est-ce que vous aimez jouer sur ce genre de décalage ?
Kevin Baird :
Notre musique est très rythmée et très positive car c'est le genre de musique qu'on aime et qu'on aime faire, mais pour nous les choses ne sont pas toujours forcées de coller : musique positive ne veut pas nécessairement dire paroles positives. S'il nous vient des paroles ou un thème plus sérieux et que les paroles marchent avec la musique, pourquoi pas ? Au contraire, c'est un éclairage positif sur un sujet qui ne l'est pas du tout. C'est une façon de changer les perspectives et on aime assez cette idée.

Que signifie le titre de l'album, Tourist History ?
Alex :
C'est une référence aux années 40 et 50, où les transports étaient encore très chers et où les gens avaient plus tendance à partir en vacances dans leur propre pays. Beaucoup d'entre eux venaient en Irlande du Nord par exemple, et nous avons grandi sur les cendres de cette culture du tourisme local. C'est là que nos chansons ont été écrites et c'est marrant de voir que maintenant ces chansons sont devenues à leur tour des touristes en étant jouées un peu partout dans le monde.

À propos de tournées, pourquoi avoir fini par prendre un batteur pour les concerts ? Pour faire comme Metronomy ?
Sam :
(rires) Non, d'ailleurs on utilise encore le Mac pour rajouter des éléments percussifs ou des beats électroniques. Mais avoir un batteur est quelque chose de visuellement très intéressant. Avant, lorsqu'on jouait, tu avais trois mecs en ligne avec des guitares et un grand vide derrière. Le batteur remplit cet espace et rythmiquement, avec tous les mouvements, c'est plus joli à voir…
Kevin : Et bien sûr ça donne plus d'énergie à nos prestations.

Ah, quand même, à vous entendre on croirait qu'il n'est là que pour boucher un trou sur scène…
Sam :
Pas tout à fait, heureusement ! (rires) Mais il n'est clairement pas un membre du groupe à part entière, dans le sens où il ne s'investit pas dans la composition. On travaille à trois depuis tellement longtemps qu'ajouter un nouveau membre dans l'équation aujourd'hui nous paraîtrait terriblement bizarre. On a trouvé un système qui marche et on ne veut pas risquer de troubler cet équilibre.

Vous avez remixé le morceau Lasso de Phoenix, vous allez bientôt tourner avec eux, c'est un groupe qu'il est assez logique de vous voir côtoyer quand on vous connaît…
Kevin :
Ce qui est drôle, c'est qu'on n'avait jamais vraiment entendu parler d'eux avant de signer avec Kitsuné, car ils ne sont pas très connus par chez nous. Mais on s'y est intéressés, on a découvert et beaucoup aimé leurs albums par la suite et lorsque Coop nous a demandé de contribuer à leur album de remixes, on a accepté tout de suite. Quelques temps plus tard on est allés les voir en concert à Glasgow, on s'est présentés au tour manager : "hey, c'est nous qui avons repris Lasso, est-ce qu'on peut les rencontrer ?". (rires) Ils sont vraiment adorables, et c'est eux qui nous ont demandé de faire leurs premières parties en avril prochain… Ça nous a beaucoup touchés.