The Parisians - Shaking The Ashes Of Our Enemies

The Parisians - Shaking The Ashes Of Our Enemies

A l'origine du phénomène des baby rockeurs au milieu des années 00, les Parisians ont pourtant raté le train en marche et ne sortent que maintenant leur premier album. Ce qui ne les empêche pas de livrer avec Shaking The Ashes Of Our Enemies un excellent disque de rock. Et c'est bien là l'essentiel.


Comme leur nom l’indique, les Parisians n’ont aucune honte de leur origine géographique. Ils auraient même plutôt envie de le cracher haut et fort à la face du monde, comme leur rock and roll qui suinte l’arrogance et la morgue. Les Parisians donc, dernier venus de cet énorme dossier consacré aux baby rockers, mais en réalité historique premiers nés. En quelque sorte, les Parisians ont été à l’origine de tout ce bouillonnement, dès 2004 (oui ce sont des vieux…) en copinant avec les Libertines et en se disant que, oui, c’était possible de faire du rock à Paris. Branchés sur le punk new-yorkais (Ramones, Strokes) et les Stooges, ils donneront le signal de départ aux Naast, Second Sex, Plastiscines et autres BB Brunes, sans réellement s’inviter au voyage. Plus envie, autres préoccupations. Heureusement Yarol Paupaud, le grand frère, réussira à les convaincre d’enregistrer avant qu’il ne soit vraiment trop tard, même si des débuts, il ne reste plus guère que le chanteur Stevan. Heureusement, c’est lui qui signe la plupart des compositions, c’est lui le chef.

Shaking The Ashes Of Our Enemies est donc le très attendu premier album des Parisians et cela sonne comme du punk-rock au millésimé 77-78, entre les Only Ones et les Heartbreakers, les Dogs et Richard Hell. Hargneux. Efficace. Elégant. Bien évidemment quatre ans après la compilation Paris Calling, une question se pose : n’est-il pas trop tard ? La hype absolument nécessaire à l’essor d’une telle entreprise n’est-elle pas retombée ? Même s’il n’est jamais trop tard pour asséner quelques claques électriques bien senties, force est de reconnaître que désormais les Parisians vont se retrouver confrontés à cette équation du rock en France, celle qu'au hasard Little Bob a rencontré depuis le milieu de années 70. Peu importe que cela soit de qualité, il y a peu de chance que les médias traditionnels les invitent, (Les Parisians invités de RTL ? Les Parisians à Taratata ? Les Parisians récompensés aux Victoires de la Musique ?), et l’avenir semble bien compliqué. Peu importe affirmeront les amateurs de rock qui apprécieront ce disque à sa juste valeur et pour les bonnes raisons, si jamais vous avez envie d’un coup de fouet le matin au réveil, ou de mettre de l’ambiance dans cette fête qui s’endort avec un bon pogo de derrière les fagots, ce disque est parfait. Pour énerver les voisins ça marche aussi, par contre pour faire carrière, ça va être difficile. Mais la beauté du geste n’est-elle après tout pas le principal moteur ?