Les Olivensteins - Les Olivensteins

Les Olivensteins - Les Olivensteins

C’est un des privilèges de l’âge que d’avoir pu voir sur scène Les Olivensteins, et de posséder encore leur unique 45 tours autoproduit. C’est un des privilèges d’aujourd’hui de pouvoir enfin écouter le PREMIER album de ces dangereux olibrius, plus de trente ans après leur disparition. Les Olivensteins confirme ce triste constat : le rock français, trente ans plus tard, est totalement incapable d’autant de nerf.

Frilosité et politiquement correct n’étaient pas au programme quand sévissait le combo rouennais, emmené par le débonnaire Gilles Tandy au phrasé élégamment éthylique. Fier de ne rien faire, leur hymne initial, ouvre les hostilités. Suivi d’Euthanasie, une ode scandaleusement jouissive à l’élimination des grands-parents. Patrick Henry est innocent est un autre pavé dans la mare de la bonne conscience (Patrick Henri avait écœuré la France en enlevant et assassinant un enfant en 1976, suscitant le mythique "La France a peur" en ouverture du journal de Roger Gicquel), mais si on se délecte de Je hais les fils de riches, il manque Pétain Darlan c’était l’bon temps, faute de version enregistré "écoutable" !

On l’aura compris : Les Olivensteins, qui avaient volés sans lui demander son avis leur patronyme à celui d’un célèbre médecin spécialiste des drogues en son temps, avaient tout compris au punk : ils en furent, de façon fugace et éclatante, l’un des plus beaux avatars français, les textes d’Eric Tandy ne respectaient rien, en contemporains rock’n’roll d’un Coluche aîné. Le son, produit par Dominique Laboubée des Dogs (dans sa propre cave) avait l’esthétique bien comprise d’une certaine éthique rock, qui va des early Stones aux Flaming Groovies.

Tout en riffs acérés et breaks virils. Les Olivensteins, compilation de leurs singles, de démos et de live, éditée par l’activiste Born Bad Records, répare un oubli de l’histoire : il fallait mettre ça dans les oreilles des rockers de 2011, en attendant le même travail sur Les Gloires Locales, et des Nouveaux Riches, les groupes tout aussi express d’à peu près les mêmes…