Chat

Chat

"J'adore le côté absurde dans l'écriture"
Chat, c'est le nom étrange de cette jeune chanteuse qui sort son premier album. Féline, fantasque et mystérieuse, elle explore avec son piano des rives inconnues où sa pop chantée en français se mêle à des influences multiples venues d'ailleurs. De formation classique, elle a abandonné ce carcan pour laisser libre cours à son imagination. Rencontre avec un Chat qui vous fera ronronner de plaisir.

Chat, c'est un drôle de nom ça...
Mon vrai prénom c'est Charlène. Depuis que je suis toute petite, on me surnomme Cha. Quand j'ai cherché un nom d'artiste, j'ai juste ajouté un “t”, j'aime bien ce que ça évoque, le côté félin, libre, un peu sauvage, sensuel et mystérieux...

 

Et d'où il vient, ce Chat-là ?
J'ai 25 ans, je suis née à Nancy, mes parents ont déménagé en banlieue parisienne quand j'avais 7 ans. Mon père est moitié américain, moitié français, il a toujours été un grand amateur de musique, il a même travaillé dans le disque. Ma mère est orthoptiste, spécialiste de la rééducation des yeux, elle travaille beaucoup en hôpital avec des enfants. J'ai commencé le piano à l'âge de 5 ans, mais au début, je n'étais pas très assidue... Vers 14 ans, grâce à une super prof qui m'a poussée, j'ai eu envie de devenir concertiste classique. Je suis sortie du conservatoire de Boulogne avec le premier prix, j'ai passé mon bac par correspondance, et je suis partie étudier la musique à Genève.

 

Comment êtes vous passée du piano classique à la chanson ?
En fait, j'ai fini par en avoir assez de cette vie monastique : faire des gammes toute la journée... Alors je suis partie à Londres, un peu à l'aventure. Pour survivre, je donnais des cours de piano, et j'ai commencé à écrire des chansons. Au début je ne voulais pas les chanter moi-même, mais on m'a proposé de donner des petits concerts. Un soir, je me suis même retrouvée dans un cabaret, en train d'accompagner un travesti, qui chantait accompagné de strip-teaseuses...

 

Pendant toutes ces années de musique classique, elle écoutait quoi, Chat ?
Je n'ai jamais voulu rester cloisonnée dans le classique, j'ai toujours écouté plein de trucs. J'ai eu une période rap, ensuite je suis devenue fan de Placebo, Muse, j'adorais Radiohead aussi, et Fiona Apple, parce qu'elle joue du piano. Un jour, j'ai découvert Gonzales, ça m'a ouvert des perspectives : un pianiste qui faisait de la pop et du rap, qui utilisait son instrument différemment !

 

Et côté chanson ?
Pas grand-chose, à part Gainsbourg, qui est un maître absolu. Après, j'ai aimé des artistes comme Camille, Keren Ann, Mathieu Boogaerts, M ou Philippe Katerine. Puis je suis revenue à la musique des seventies qu'écoutait mon père, les Beatles, les Doors, The Band, Simon and Garfunkel. Je me suis même amusée à faire une reprise au piano du Electric Ladyland de Jimi Hendrix.

 

Le premier single de l'album s'intitule Alice, l'histoire d'une fille un peu fofolle...
Elle fait partie de mes premières chansons, j'écoutais beaucoup Björk quand je l'ai écrite. J'avais envie de faire un truc un peu lunaire... Je n'avais pas pensé à l'Alice de Lewis Carroll, mais avec le recul il y a un peu de ça.

 

Et la chanson intitulée Petit con, c'est autobiographique ?
Ça m'est venu un jour où je regardais la télé, il y avait un mec de la Star Ac qui n'avait pas gagné et qui râlait...

 

En général, d'où vous vient l'inspiration pour les textes ?
J'adore le côté absurde dans l'écriture, les textes qui laissent libre cours à l'imagination du lecteur, un peu codés, qu'il faut déchiffrer, comme ceux de Boris Vian par exemple. En général j'écris en même temps les mots et la musique, je me laisse guider par les sonorités.

 

L'album s'intitule Folie douce. C'est tout vous, ça ?
J'aime l'opposition des deux mots : être à la fois doux et dérangé... Oui, c'est un peu moi !

 

Comment s'est passé l'enregistrement du disque ?
J'ai rencontré Joseph Chédid et Henry Blanc-Francard, via MySpace, et on a commencé à enregistrer des maquettes ensemble. Quand j'ai signé chez Capitol, j'ai demandé à ce qu'ils participent à l'album. La maison de disques a accepté malgré leur jeune âge et leur manque d'expérience. On a enregistré presque tout en live, un mois à la campagne, en Seine-et-Marne, dans le Labo -M-, là ou travaille Matthieu Chédid.

 

Vous donnez souvent des concerts en appartement. C'est pour vous sentir comme un Chat au logis ?
Ce n'est pas toujours facile de trouver des endroits où jouer, alors je me suis dit pourquoi ne pas chanter chez les gens ? S'il n'y a pas de piano, j'emmène le mien, les participants s'inscrivent par mail, c'est gratuit, on boit des coups, ça fait une soirée très conviviale, à la bonne franquette. Au début je m'étais dit que je ferais ça jusqu'à la sortie du disque, mais ça me plaît tellement que je vais continuer. Si vous venez, n'oubliez pas d'apporter une bouteille !

 

 

Chat : Folie douce, chez Capitol-EMI, sortie le 16 février.